Dimanche 4 février 2007

C'est peut-être le but du détour

Première journée.
Réveil tardif.
Compense  la nuit  de veille dans l’avion.
Oublie aussi le rythme  matinal habituel.
Quitte la maison immédiatement.
A pieds.

Réside sur un haut plateau,
face à la mer
Mon gîte  est  tout de suite familier
une coque de bateau renversée.

Assez émouvant de pénétrer cette terre
présence du passé
les marins, les familles modestes,
les vies  qui se sont passées au coin du feu.

Le ciel est bas et gris
un peu de bruine et une belle lumière
la route étroite
il suffit de descendre à hauteur de mer et remonter
une demi-heure par la route
45 minutes en empruntant le chemin des douaniers par la mer.
Marée basse
du temps devant moi
quelques courses au port
café
passage à la poste
au Vival
épicerie, boucherie, souvenirs.

Il suffit d’un virage
et c'est l'inconnu
le petit enfer aux effets dramatiques
Perdu.
Aucune idée, comment expliquer ?
A qui ?
Je me souviens bien de  l’ambiance
un vieux village au sommet d’une pente
l’Epicerie (l'autre nom des bureaux de la galerie)
une grande affiche dans la vitrine.
Arrêter une voiture
Trédrez ?
Faire demi-tour.
Non, continuez.
Continuer ?
Deux kilomètres.

Deux kilomètres ?
Désespéré.
Avec une petite sensation d’absurdité.
Continue.
Un mimosa courbe ses branches sur la nationale
je coupe  un bouquet
me voilà chargé
pas tellement discret
voleur de fleurs
c’est poétique au Japon.
Des ouvriers
je demande
ils semblent ne rien comprendre
ils appellent le patron
tout le monde est dans la boue
il confirme  d’un geste
là-bas
ça me réconforte.
Et si je coupais à ce croisement
un chemin goudronné
en descente.
Rassuré.
Un peu embarrassé par le mimosa
l’enfouis dans ma sacoche
c’est peut-être fatal.
Un  quartier de maisonnettes
fraîchement sorties de terre
le chemin tourne
sans issue
doit remonter
peut-être là
couper.
Je vois ma route initiale qui surplombe
traverser une propriété ?
Finalement  la nationale
retourner au port.
Je fais face à l’école du village
le préau
quelques enfants jouent
en une seconde  les souvenirs défilent
c’est peut-être le but du  détour ?
Retour à la case départ
cette bifurcation trompeuse
je m’engage
ce n’est pas clair.
Un plâtrier sort par une porte
Monsieur ?
Un village en haut d’une pente
avec une épicerie
je ne suis pas d’ici, dit-il
je deviens pâle.
Vous êtes sûr ?
Là-haut il y a une boulangerie
et une église
on pourra mieux vous renseigner.
Je monte
l’église d’abord
je me sens soulagé
j’y suis
j' entre même dans le cimetière
les noms, c’est une idée
hommage aux gens.
J’essaie  le loquet de la grande porte
au cas où…
L’extérieur gothique  à la Van Gogh
un peu bancal
peut-être que le vieux granit produit un effet optique
comme flou
comme modelé à la main
rugueux.
Il est 12h30
l'heure du rendez-vous
le clocher fait comptine.
Parfait.
J’arrive  à l’Epicerie
monte les escaliers
la porte est fermée
décide d’aller à la galerie
c’est à  5 minutes.
Pas de problème.
Beauté de cette pointe du Dourven.
Des voitures sont garées devant la galerie
dont la petite camionnette Citroën qui m’est destinée.
Didier, Stéphane, Sandra
tout le monde est là
impassible au récit de mon aventure
je ne sais  pas d’ailleurs ce qui s’est passé
à posteriori le trajet paraît simple.
Initiation
façon de faire le tour.

Par ym - Publié dans : ymusard-impressions
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