Première journée. Réveil tardif. Compense la nuit de veille dans l’avion. Oublie aussi le rythme matinal habituel. Quitte la maison immédiatement. A pieds.
Réside sur un haut plateau, face à la mer Mon gîte est tout de suite familier une coque de bateau renversée.
Assez émouvant de pénétrer cette terre présence du passé les marins, les familles modestes, les vies qui se sont passées au coin du feu.
Le ciel est bas et gris un peu de bruine et une belle lumière la route étroite il suffit de descendre à hauteur de mer et remonter une demi-heure par la route 45 minutes en empruntant le chemin des douaniers par la mer. Marée basse du temps devant moi quelques courses au port café passage à la poste au Vival épicerie, boucherie, souvenirs.
Il suffit d’un virage et c'est l'inconnu le petit enfer aux effets dramatiques Perdu. Aucune idée, comment expliquer ? A qui ? Je me souviens bien de l’ambiance un vieux village au sommet d’une pente l’Epicerie (l'autre nom des bureaux de la galerie) une grande affiche dans la vitrine. Arrêter une voiture Trédrez ? Faire demi-tour. Non, continuez. Continuer ? Deux kilomètres.
Deux kilomètres ? Désespéré. Avec une petite sensation d’absurdité. Continue. Un mimosa courbe ses branches sur la nationale je coupe un bouquet me voilà chargé pas tellement discret voleur de fleurs c’est poétique au Japon. Des ouvriers je demande ils semblent ne rien comprendre ils appellent le patron tout le monde est dans la boue il confirme d’un geste là-bas ça me réconforte. Et si je coupais à ce croisement un chemin goudronné en descente. Rassuré. Un peu embarrassé par le mimosa l’enfouis dans ma sacoche c’est peut-être fatal. Un quartier de maisonnettes fraîchement sorties de terre le chemin tourne sans issue doit remonter peut-être là couper. Je vois ma route initiale qui surplombe traverser une propriété ? Finalement la nationale retourner au port. Je fais face à l’école du village le préau quelques enfants jouent en une seconde les souvenirs défilent c’est peut-être le but du détour ? Retour à la case départ cette bifurcation trompeuse je m’engage ce n’est pas clair. Un plâtrier sort par une porte Monsieur ? Un village en haut d’une pente avec une épicerie je ne suis pas d’ici, dit-il je deviens pâle. Vous êtes sûr ? Là-haut il y a une boulangerie et une église on pourra mieux vous renseigner. Je monte l’église d’abord je me sens soulagé j’y suis j' entre même dans le cimetière les noms, c’est une idée hommage aux gens. J’essaie le loquet de la grande porte au cas où… L’extérieur gothique à la Van Gogh un peu bancal peut-être que le vieux granit produit un effet optique comme flou comme modelé à la main rugueux. Il est 12h30 l'heure du rendez-vous le clocher fait comptine. Parfait. J’arrive à l’Epicerie monte les escaliers la porte est fermée décide d’aller à la galerie c’est à 5 minutes. Pas de problème. Beauté de cette pointe du Dourven. Des voitures sont garées devant la galerie dont la petite camionnette Citroën qui m’est destinée. Didier, Stéphane, Sandra tout le monde est là impassible au récit de mon aventure je ne sais pas d’ailleurs ce qui s’est passé à posteriori le trajet paraît simple. Initiation façon de faire le tour.