Vendredi 13 avril 2007

L'heure des mirages


Errance

quand la nuit est d'encre
les  lumières éteintes
entre les "fraîchement endormis" et les "pas réveillés"
les ombres des  maisons s'assemblent
comme des rochers.

Les venelles ruissellent
entre les murs de granit.

Se retrouver  à l'heure des mirages
quand ciel et terre se confondent
quand la marée tombe derrière l'horizon.

Un grain de sable passe
effleurement de caresse
soulèvement de voile.
 
Juste regarder à l'abri du vent
l'étendue infinie.
Juste regarder
Le proche tellement lointain
Les hommes sont tout petits.

Percevoir
les murs de granit soutenant le ciel
les cercles dessinés par le phare.
Et rencontrer un mimosa.

Le ciel épouse la marée
sinuosités de brumes.
Surgissement du Brest-Paris

Regard en arrière
la paix règne
douceur de la route
qui pénètre dans le paysage
petit coup de hanche
à l'hirondelle.

Répercussion de courbes en courbes
les maisons s'alignent
sur la jetée.
Barques et arches modestes
pondérées
sur la quille ou sur le flanc
vieux  rêves
abandonnés
détails pointillistes
sur ce bras d'estuaire.

Au café du Port
Accueilli par trois chiens immenses
dont un dalmatien.
Et un homme aux sourcils très marqués.

Entre le séjour et le bar
toutes les tables sont occupées
journaux objets divers.
Une femme chante.
J'aime bien les chansons douces.
"Ma mère disait :
priez pour le marin à terre
en mer qu'il se démerde".
La mer était au bord de la route.
J'aime bien.
"Mais vous savez, eux
quand ils ont une idée en tête"
dit le patron.
Très attaché à son quartier
il ne va jamais en centre-ville :
"Plus il y a de gens
plus c'est difficile".

Bouquet de mimosas sur la table
desséché.
J'ai  trouvé un endroit où m'asseoir.
Prends des notes.
Christophe, un oiseau diamant mandarin
trouvé sur le trottoir.
Les chiens aussi
viennent de la rue :
"j'aime bien les bêtes
ça tient compagnie
buvez votre café, il va refroidir".
Il sort des copies d'archives
sur les catastrophes, les pluies diluviennes
cicatrices indélébiles.

Flash back.
Retour sur la première trajectoire:
un homme
surpris à courir
pour photographier la mer déchaînée
il était seul
impossible de ne pas se parler
invitation aux échanges.
C'était au tout début
un jour de tempête.

Par ym - Publié dans : ymusard-impressions
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